She would stand up straight in the lane
Staring at me with no care
Like a partner
And later, when trees come off in the evening
She would lean on me and ask:
Are we still far?
samedi 4 avril 2009
lundi 3 mars 2008
Pourquoi je résilie mon abonnement au Monde

Cher Monde, ce matin, je calme ma violence. Mon cœur saigne. Je sais, c’est mal. Ca fait longtemps, dans ce pays, qu’on sait qu’il n’y a pas de larmes derrière l’info, tout au plus quelques bébés africains qui meurent de faim dans un endroit indéterminé, au grand soulagement des rubriques ethno des magazines.
Cher Monde, samedi, 60 morts à Gaza et 150 blessés. Plus de 100 morts depuis mercredi, des civils à plus de 50%, dont 17 enfants, de deux jours à 12 ans. 28 femmes. 230 blessés en tout. Une boucherie que le vice-ministre israëlien de la défense qualifie crânement de « bigger shoah ».
Mais toi, tu t’en fous. Tu fais des unes sur « casse toi pauv’con », mais pas sur « bigger shoah ». Tu nous infliges Ingrid en pyjama dans la jungle amazonienne, mais pas le bébé de deux jours écrabouillé par un missile, et qui –par ailleurs- n’a pas de prénom. Tu nous sers des pages entières sur Ahmadi Nedjad et ses expos antisémites, mais « bigger shoah », ça, pas un mot.
Aujourd’hui, lundi 3 mars, tu évoques des « tensions » dans la bande de Gaza. Des tensions ?! Plus de cent morts en quatre jours, c'est de la tension? Douze morts encore pour la seule journée d'hier, c'est de la tension? Quatre enfants qui jouent au football tués par un missile à Jabalya : c’est de la tension? Une fillette de dix ans et son frère de douze ans tués par des hélicoptères d'assaut : c’est de la tension ? C'est vrai que Tsahal a perdu deux soldats dans son attaque et Israël un civil depuis le début du conflit...En page 6, tout en bas, tu parles enfin de cette histoire de « shoah », sans mentionner l’adjectif « bigger ». On est lundi 3 mars, c’était vendredi 29 février..Tu faisais quoi pendant ce temps? C'est sur le site de Reuters et d'Al Jazeera depuis trois jours..
Trois jours que j’attends un article sérieux. Les chiffres dérisoires que tu égrènes frileusement aux marges de ton site internet sont juste risibles. Aujourd'hui, dans ton édition du lundi, tu donnes un chiffre: "prés de 50 personnes ont été tuées depuis le 27 février". Depuis hier, Reuters dit "more than 100 palestinians "...T'as pas internet?
Cher Monde, samedi, 60 morts à Gaza et 150 blessés. Plus de 100 morts depuis mercredi, des civils à plus de 50%, dont 17 enfants, de deux jours à 12 ans. 28 femmes. 230 blessés en tout. Une boucherie que le vice-ministre israëlien de la défense qualifie crânement de « bigger shoah ».
Mais toi, tu t’en fous. Tu fais des unes sur « casse toi pauv’con », mais pas sur « bigger shoah ». Tu nous infliges Ingrid en pyjama dans la jungle amazonienne, mais pas le bébé de deux jours écrabouillé par un missile, et qui –par ailleurs- n’a pas de prénom. Tu nous sers des pages entières sur Ahmadi Nedjad et ses expos antisémites, mais « bigger shoah », ça, pas un mot.
Aujourd’hui, lundi 3 mars, tu évoques des « tensions » dans la bande de Gaza. Des tensions ?! Plus de cent morts en quatre jours, c'est de la tension? Douze morts encore pour la seule journée d'hier, c'est de la tension? Quatre enfants qui jouent au football tués par un missile à Jabalya : c’est de la tension? Une fillette de dix ans et son frère de douze ans tués par des hélicoptères d'assaut : c’est de la tension ? C'est vrai que Tsahal a perdu deux soldats dans son attaque et Israël un civil depuis le début du conflit...En page 6, tout en bas, tu parles enfin de cette histoire de « shoah », sans mentionner l’adjectif « bigger ». On est lundi 3 mars, c’était vendredi 29 février..Tu faisais quoi pendant ce temps? C'est sur le site de Reuters et d'Al Jazeera depuis trois jours..
Trois jours que j’attends un article sérieux. Les chiffres dérisoires que tu égrènes frileusement aux marges de ton site internet sont juste risibles. Aujourd'hui, dans ton édition du lundi, tu donnes un chiffre: "prés de 50 personnes ont été tuées depuis le 27 février". Depuis hier, Reuters dit "more than 100 palestinians "...T'as pas internet?
Je cherche, mais je ne trouve pas d'autre mot que "mensonge"..
Cher Monde, je ne peux plus te lire parce que j’ai honte. Parcequ’à la longue, j’ai fini par te rendre responsable de l’ignorance de mes concitoyens, qui me pétrifie. Parce que si l’Union Européenne peut affamer une population pour la punir d’avoir participé à des élections libres pour la première fois de son histoire, si l’Europe peut se rendre complice des crimes commis par le gouvernement israëlien, et cela en notre nom à tous, je veux croire que c’est parce que mes concitoyens ne sont pas au courant. Et s’ils ne sont pas au courant, c’est de ta faute.
Cher Monde, je ne peux plus te lire parce que j’ai honte. Parcequ’à la longue, j’ai fini par te rendre responsable de l’ignorance de mes concitoyens, qui me pétrifie. Parce que si l’Union Européenne peut affamer une population pour la punir d’avoir participé à des élections libres pour la première fois de son histoire, si l’Europe peut se rendre complice des crimes commis par le gouvernement israëlien, et cela en notre nom à tous, je veux croire que c’est parce que mes concitoyens ne sont pas au courant. Et s’ils ne sont pas au courant, c’est de ta faute.
Je ne veux plus te lire parceque tu es dangereux.
Cher Monde, cela fait un moment que tu fais pitié à lire, dans tes vieux habits jésuites. Ton air de pas y toucher. Ta tunique de Cassius, tes petits airs de premier de la classe. Patati et patata, pense pas ci et pense pas ça.
Adieu donc !Ta tyrannie m’est insupportable. On pense mieux dans d’autres langues que la tienne.
Cher Monde, cela fait un moment que tu fais pitié à lire, dans tes vieux habits jésuites. Ton air de pas y toucher. Ta tunique de Cassius, tes petits airs de premier de la classe. Patati et patata, pense pas ci et pense pas ça.
Adieu donc !Ta tyrannie m’est insupportable. On pense mieux dans d’autres langues que la tienne.
dimanche 10 février 2008
Paris-Sofia
Il y a un type. Un bulgare. Un mec rigolo, avec des yeux chinois. Qui faisait du vélo derrière moi place Maubert. On s’est marrés comme ça tous les deux à un feu rouge. On était morts de rire. On savait pas pourquoi. C’était bien. Je crois qu’ en arrivant vers Bastille, il a compris que situer la Bulgarie sur une carte était au dessus de mes forces. Et c’est malheureux.
Le dernier cours de géographie auquel il m’a été donné d’assister était animé par un soixante-huitard qui s’était rendu compte trop tard qu’il aurait dû passer l’agreg de philo, et pas celle de géo. En tout cas, un type avec des velléités herméneutiques qui nous regardait dans le blanc des yeux pendant des heures en se demandant avec un air kabbalistique si « la géographie était une science ou une discipline ».. Ca me hante encore, comme question, même dans mes reveries les moins aléatoires..
Le bulgare, justement, il suivait des cours du côté de la Montagne sainte Geneviève. Il en était au tout début, lui, des cas de conscience dramatiques des profs de la rue Saint Jacques. Il était heureux . Super heureux, même. Il avait gagné un concours sur toute la Bulgarie, il avait été le meilleur, et il s’était retrouvé comme ça, sur un banc à Louis Le Grand. Là, ça lui avait fait un peu bizarre d’être le dernier de la classe. Mais bon. C’était les vacances, et à la rentrée il intégrait une école d’ingénieur. Même si lui, ce qui lui aurait plu, personnellement, c’était Sciences Po. Mais bon.
Moi, ce qui m’intéressait surtout dans la Bulgarie, c’était la Turquie. Mais bon.
On s’est revus à la piscine des Lilas. C’est là que j’ai compris que c’était un type grandiose, Borislav. Un type qui vous regarde debout dans le petit bain en vous lançant avec désinvolture
- C’est plithique ici, non ?
Ce qui, dans son esprit, signifie « peu profond », état pour lequel – comme il me le fit justement remarquer- le français ne dispose pas de terme approprié.
Borislav a une façon démoniaque de manier la langue. Un vrai bonheur. Par exemple, il ne dit pas « as-tu disparu », mais « disparus-tu » ? Un jour que j’ai décommandé un rendez-vous en prétextant un « contre-temps » qui m’oblige à aller voir des copains, il m’envoie un texto pour me signifier qu’aller voir des amis ne peut pas être qualifié de contre-temps puisque, selon l ‘Académie, un contre-temps est forcément facheux et donc, désobligeant y compris pour la personne qui s’y soumet, et pas seulement pour celle qui fait les frais de l’annulation impliquée par le contre-temps..
Borislav m’a ramené de Bulgarie un saucisson, un pot de sauce tomate bulgare et un livre sur la Bulgarie.
Moi, personnellement, ce qui m’intéresse beaucoup dans la Bulgarie, c’est la Turquie. Mais bon. Il est pas trop pour, Borislav, la Turquie.
Borislav, ça veut dire « Guerrier de Gloire », et ça c’est cool.
Le dernier cours de géographie auquel il m’a été donné d’assister était animé par un soixante-huitard qui s’était rendu compte trop tard qu’il aurait dû passer l’agreg de philo, et pas celle de géo. En tout cas, un type avec des velléités herméneutiques qui nous regardait dans le blanc des yeux pendant des heures en se demandant avec un air kabbalistique si « la géographie était une science ou une discipline ».. Ca me hante encore, comme question, même dans mes reveries les moins aléatoires..
Le bulgare, justement, il suivait des cours du côté de la Montagne sainte Geneviève. Il en était au tout début, lui, des cas de conscience dramatiques des profs de la rue Saint Jacques. Il était heureux . Super heureux, même. Il avait gagné un concours sur toute la Bulgarie, il avait été le meilleur, et il s’était retrouvé comme ça, sur un banc à Louis Le Grand. Là, ça lui avait fait un peu bizarre d’être le dernier de la classe. Mais bon. C’était les vacances, et à la rentrée il intégrait une école d’ingénieur. Même si lui, ce qui lui aurait plu, personnellement, c’était Sciences Po. Mais bon.
Moi, ce qui m’intéressait surtout dans la Bulgarie, c’était la Turquie. Mais bon.
On s’est revus à la piscine des Lilas. C’est là que j’ai compris que c’était un type grandiose, Borislav. Un type qui vous regarde debout dans le petit bain en vous lançant avec désinvolture
- C’est plithique ici, non ?
Ce qui, dans son esprit, signifie « peu profond », état pour lequel – comme il me le fit justement remarquer- le français ne dispose pas de terme approprié.
Borislav a une façon démoniaque de manier la langue. Un vrai bonheur. Par exemple, il ne dit pas « as-tu disparu », mais « disparus-tu » ? Un jour que j’ai décommandé un rendez-vous en prétextant un « contre-temps » qui m’oblige à aller voir des copains, il m’envoie un texto pour me signifier qu’aller voir des amis ne peut pas être qualifié de contre-temps puisque, selon l ‘Académie, un contre-temps est forcément facheux et donc, désobligeant y compris pour la personne qui s’y soumet, et pas seulement pour celle qui fait les frais de l’annulation impliquée par le contre-temps..
Borislav m’a ramené de Bulgarie un saucisson, un pot de sauce tomate bulgare et un livre sur la Bulgarie.
Moi, personnellement, ce qui m’intéresse beaucoup dans la Bulgarie, c’est la Turquie. Mais bon. Il est pas trop pour, Borislav, la Turquie.
Borislav, ça veut dire « Guerrier de Gloire », et ça c’est cool.
dimanche 6 janvier 2008
idées noires, journée orange
Il est minuit à Paris. Presque trois heures à Téhéran, où il neige. B. regarde tomber des flocons persans depuis la fenêtre de la cuisine de sa grand-mère, qui est morte. Il enfonce des portes ouvertes, remonte des avenues sans arbres et traverse les corridors, la suspicion encombrée et les épreuves sous-entendues que ceux qui restent font subir à ceux qui sont partis. Il dit « avant la révolution » sans souffrir. Il se souvient de certaines choses, en oublie d’autres, a des projets, m’écrit.
J’ai roulé depuis le matin entre Vannes et Paris. C’était journée orange, dixit Bison Futé. A la station essence de La Sarthe-le-Sarge, on a achèté Libé, le Journal du Dimanche et un paquet de M&M’s. Vers Angers, Géraldine a dit qu’il est bon d’accomplir des choses, même médiocres. Et Juliette prétendu qu’elle était comme un hamster qui court dans une roue en cage, appliquée à faire tourner la machine, indifférente au résultat, et sans passion. Il pleuvait sur le périph' en arrivant porte des Lilas. Et on se demandait dans quelle mesure il est légitime de mobiliser les autres au service d’une cause personnelle dont on n’est pas sûr soi-même. Géraldine et Juliette disent que les amis –dans la mesure où l’on respecte leur dignité- sont utiles dans de telles circonstances.
J’ai offert à la concierge une boîte de palais bretons décorée à l’ancienne. Pas ouvert mon courrier. Retrouvé une bouteille de Saint Emilion égarée sous l’évier. Béni le ciel de cette heureuse coïncidence. Pris une douche. Pas défait ma valise. Pensé à B. à Téhéran.
Dans quelle mesure…mobiliser les autres, pour une cause personnelle... Il y a du Saint Emilion pour ce genre d’idées, merci Seigneur. Il fait nuit noire sur le Père Lachaise. Sur la tombe de Sadegh Hedayat, et de Gustave Berton. Le cimetière est un roman où des vieillards lubriques regardent des jeunes filles sauter des ruisseaux à l’ombre de corbillards efficaces. Où je peux retrouver B., si j’en ai envie, et savoir ce que l’amitié veut dire. Et aussi l’admiration.
Dans quelle mesure…ses amis..pour une cause personnelle ? Je me demande à quoi bon chercher à accomplir des choses quand on a su ce qu’était l’amitié, et l’amour. Que faire après B., Géraldine, et les autres ? Comment ne pas être submergé par la vanité des choses?
Ehud Olmert l’a dit : c’est la main de Dieu qui a plaçé Bush et Sarkozy à la tête des deux nations désormais les plus amies d’Israël. Libé, page 6. Saint Emilion.
J’ai de moins en moins envie de travailler. De plus en plus besoin d’écrire. Un taux croissant d’indifférence. Et je n’attends rien de mes amis, que le miracle de leur présence.
( C’est une offrande qui n’a rien à voir avec la générosité, la sauvagerie de la présence. )
mardi 18 septembre 2007
Timon le Misanthrope, le mari de la pharmacienne et le Chikungunya
A la fin du IV è siècle avant l’ère chrétienne, à Athènes, Timon se promenait dans le port du Pirée, où les étrangers désirant entrer dans la Cité devaient justifier de leur origine. On craignait la peste, orientale:
« J ‘avoue qu’il m‘arrive parfois de rencontrer un individu honnête et bon. C’est alors que je suis pris de ces accès de philanthropie qui me font descendre dans le Pirée pour y insulter les étrangers qui débarquent. Heureusement, là, mon humeur change vite. Je vois des mendiants estropiés, des filous, des prostituées. Quelquefois, j’assiste à un incendie allumé par vengeance, à une mort subite, à une rixe entre matelots. Un jour même j’ai vu un jeune homme égorger sa maîtresse par amour et deux portefaix, qui s’interposaient sans motif. Ces petits incidents me permettent d’attendre patiemment l‘arrivée des pestes asiatiques, l’éclat des séditions et des guerres générales»
Un peu plus de 2000 ans plus tard, le mari de la pharmacienne de Castiglione di Ravenna, où un moustique réunionnais sème la panique depuis un mois, n'est pas du tout de cet avis:
"On ouvre les frontières, on acceuille -râvis ou forçés - des milliers d'immigrés venus de l'Est ou d'Afrique dans des conditions déplorables et avec un contrôle sanitaire quasi-insignifiant. Qu'on ne s'étonne pas de voir réapparaître des maladies dont nous étions débarrassés depuis des lustres! Ce laxisme finira par nous exploser à la figure!"
Le mari de la pharmacienne de Castiglione ne veut pas mourir. Il pense que sa vie vaut vraiment d'être vécue. Il garantit la dignité de ses concitoyens face aux lèpres exotiques, leur droit à résister à l'anéantissement général. L'humanité occidentale s'est bonifiée depuis la Grèce de Périclès, et l'aboiement du chien cynique n'atteint plus les vendeurs de potion magique.
En être ou pas
Je suis passée par Lyon. J’ai mis mon sac à la consigne à Perrache. Ca sentait l’urine. Il y avait des prostituées. C’était l’aube, entre cinq et six heures du matin. Je me suis jetée dans la ville. J’ai remonté la rue Victor Hugo, jusqu’à la place Bellecour, et j’ai bifurqué à gauche, vers les quais de Saône. J’ai pris un mendiant chez Pignol, et je suis restée sur le fleuve, en bas de la Croix Rousse. Il y avait quelques pêcheurs, c’était calme et paisible.
A Fourvières, dans une librairie, j’ai failli trouvé la traduction littérale de L’Eneide par Klossowsky, chez André Dimanche, une édition épuisée, et le libraire a dit « J’ai bien connu André Dimanche..Vous êtes charmante mademoiselle, je ne suis pas magicien..Une autre fois, peut-être ».
Sur les quais, j’ai pensé à quel point tout cela m’appartenait. J’ai réalisé avec une prétention scandaleuse combien je possédais la lenteur coulante de ces fleuves-là, avec leurs flottes de cygnes et de bois mort, de sables mouvants. Leurs carrières fossiles, ouvertes comme des filles. Et l’abandon liquide des écluses sur les routes estuaires. En France.
Je suis à Lyon, sur les quais de Saône, et il y a des chuchotements, des sueurs, des murs lépreux, que je comprends. Une façon que les poches ont de pendre dans les vestes en tweed, où je devine des livres indomptés. Le gôut des truites sur une assiette en lose. Des gros mots, que j’aime. Comme : Bordel. Fils de pute. Et aussi : Toi, ta gueule. La violence de la cuisine en France : les tripes, la charcuterie, le sang dans les boudins, un potentiel de révolte inouï.
Je suis sur les quais de Saône, à Lyon, et le Conseil Constitutionnel vient de censurer le projet Sarkozy de déduction fiscale sur les emprunts immobiliers au nom de l’égalité de tous devant l’impôt.
Je me promène sur la Loire, entre Saumur et Blois, le long des berges. Je pense à Ronsard et à ses roses entrouvertes qui ne veulent pas se réveiller, je pense à Héloïse et Abélard à Fontevraud, et à Genet qui est venu hanter leur bagne. A tous les autres que je connais, qui ont appris à se perdre dans la constance des histoires.
Je suis à Lyon au bord de la Saône, et je comprends pour la première fois que je n’appartiens toujours pas à ce pays, mais que la France, elle, m’appartient. D’une appartenance somptueuse, longue, arrogante et définitive.
dimanche 29 juillet 2007
Complainte de Didon à Enée, pour l'avoir abandonnée
Tu m’as ouverte en éventail
Aux reflets salis des baïnes
Et dans les plis muets des vagues
Notre île est là qui flotte
A l’horizon oblique
Vers la surface et vers le fond
Nos rêves irréguliers prennent forme à l’envers
Descendent puis remontent, excitant ton ardeur
De noyé, de marin assassiné
De poisson révulsé, dans les mailles du filet
Le peuple de la mer vient se coller gluant
A tes orbites grandes ouvertes
Les langoustines et les bullots te font des yeux ronds ou piquants
De monstre cyclopéen puis d’arbre à écorce
Et je peux sentir ton odeur dans la mer
Et t’aimer de façon très rythmique
Car tu m’as laissée grande ouverte
Sur une plage en Jamaïque
Oui, refermer les éventails est une version de capitaine
Aux reflets salis des baïnes
Et dans les plis muets des vagues
Notre île est là qui flotte
A l’horizon oblique
Vers la surface et vers le fond
Nos rêves irréguliers prennent forme à l’envers
Descendent puis remontent, excitant ton ardeur
De noyé, de marin assassiné
De poisson révulsé, dans les mailles du filet
Le peuple de la mer vient se coller gluant
A tes orbites grandes ouvertes
Les langoustines et les bullots te font des yeux ronds ou piquants
De monstre cyclopéen puis d’arbre à écorce
Et je peux sentir ton odeur dans la mer
Et t’aimer de façon très rythmique
Car tu m’as laissée grande ouverte
Sur une plage en Jamaïque
Oui, refermer les éventails est une version de capitaine
Et j’aime les mauvais nageurs qui ne savent pas garder leur linge
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